Restaurant Lili au Peninsula Paris

Cette Collaboration auprès du Peninsula Paris est pour moi une première et ceci à double titre. C’est tout d’abord la première fois que je suis invité à la table gastronomique d’un Palace. C’est également la première fois que je vais déjeuner dans un restaurant chinois de cuisine cantonaise. Jusqu’à ce jour de Mai, ma culture en matière de cuisine chinoise était bien sommaire. Grâce à ce déjeuner, un univers entier, fait d’assemblage de saveurs, de composé d’ingrédients, de délayage de goûts, s’est révélé à mon palais. Une découverte exotique parmi les plus enrichissantes vécues à ce jour.

Lili, c’était une cantatrice d’opéra chinois des années vingt. C’est l’estampille de ce restaurant au décor impressionnant dont le portrait, modulé en assemblage de milliers de fils, librement inspiré du film « In the Mood for Love » vous cueille dès l’entrée. Son regard vous saisit depuis l’autre bout du couloir par lequel vous accédez aux lieux.

Des drapés rouges soyeux agréent chaque convive de manière théâtrale une fois croisée l’hôtesse d’accueil. Dans l’ancienne salle à manger du bâtiment originel, la nouvelle décoration marie les styles de l’opéra chinois et de la mode française. Colonnes de marbre, chérubins bienveillants collés aux moulures, murs bleu nuit, lustres imposants de Murano, dôme fait de bois rappelant ceux des scènes des opéras chinois, voilages précieux, boiseries sculptées.

Accompagné de mon hôtesse attitrée, élégamment habillée en Qipao de soie traditionnel, mes yeux s’arrêtent quelques instants sur les tables pour deux au sein d’alcôves à la décoration raffinée, légèrement dissimulées derrière des paravents, eux-mêmes recouverts de papier découpé reproduisant des scénettes de la vie en Chine. Des papiers découpés sur des pages de dictionnaires franco-chinois. Un effet captivant, mélange d’imprimé et de dentelles papetière.

Ma table, je la choisis près des grandes fenêtres donnant sur l’Avenue Kléber afin de profiter de la pleine lumière du soleil généreusement présent ce jour-là. Tel un enfant découvrant les trésors d’une boutique de ses rêves, je ne peux m’empêcher de m’ébaudir devant tant de beauté. Ce restaurant est d’un luxe sans pareil. Le service de l’équipe du Lili Paris est à la hauteur, tout en prévenance, en amabilité, en rapidité, en efficience. Très vite, le Maitre d’hôtel François, souriant et d’un professionnalisme que j’ai rarement rencontré, me souhaite la bienvenue. Au Lili Paris, on ne lésine pas sur le beau. Très vite, je vais me rendre compte qu’au Lili Paris, on ne lésine pas non plus sur le bon.

Benjamin, le Sommelier se présente. D’après ses conseils, je choisis en apéritif un cocktail sans alcool. Le « Pageboy » est un mélange de fruits rouges et une référence au « Groom-chasseur » tout de blanc vêtu emblème et mascotte des hôtels Peninsula à travers le monde. Puis je me lance pour un vin Madère de la maison d’Oliveira, un cépage Verdelho millésime 1994 au caractère « rancio » et à la fraîcheur sucrée étonnante. Mon apéritif est accompagné de délicieuses noix caramélisées aux graines de sésame. J’ai du mal à me concentrer, je suis très touché par toutes ces attentions, émerveillé et impressionné par le lieu. Il me faut pourtant déjà sortir mon calepin pour tout noter et ne rien oublier, faire des photos sans déranger ni effrayer les convives du jour.

François, le Maître d’hôtel vêtu d’un Changshan sur mesure (haut de costume traditionnel chinois porté par les hommes), avec un dragon flamboyant peint à même le tissu par Olga Boyarinova, m’interpelle, préconise, en guise d’introduction à la cuisine cantonaise, un menu complet pour un voyage culinaire qui s’annonce passionnant. J’accepte volontiers de lui faire confiance pour ce menu découverte, composé des spécialités de la maison, orchestré par le Chef honkongais Dicky To, nouvellement introduit dans les cuisines de l’établissement depuis le début de l’année 2019. Je me sens entre de bonnes mains. Je suis ravi.

Le Chef hongkongais Dicky To

François est un Maître d’hôtel passionné, souriant, avenant et en totale maîtrise de son univers. Lena est à ses côtés. Elle l’épaule dans sa formation de Chef de rang. Duo parfait et complémentaire. Vous pouvez tout demander à Lena. Sa culture couvre aussi bien la cuisine chinoise, l’Histoire en général et le passé du Peninsula Paris en particulier. C’est passionnant. J’en profite car j’ai en effet beaucoup de questions à poser.

Pour mon repas et en fil rouge de ce voyage culinaire, je choisis, sur les excellents conseils de mes deux guides, un thé Oolong, thé Qin, thé moelleux, idéal pour le grand dégustateur de thé éclairé que je suis.

Le service de table est en porcelaine blanche et dorée. Lignes élégantes, touches épurées. Le thé est servi dans de petites théières régulièrement réapprovisionnées sous l’oeil attentif de Lena. Le repas sur proposition du personnel, se fait avec baguettes traditionnelles chinoises ou avec des couverts à l’occidentale. Juste avant que la représentation ne débute, n’oublions pas que nous sommes dans un décor d’Opéra chinois, François procède à la présentation ainsi qu’au découpage du canard laqué façon pékinoise cuit à la broche qui sera décliné en deux services. Pour agrémenter ce déjeuner, des sauces sont déposées sur la table : sauce piments oiseaux et ail, sauce porc ibérico séché et crevettes.

En amuse bouche des Dim Sum sont apportés. Une grande découverte pour moi. Ils sont présentés dans des paniers à vapeur faits de bambous contenant chacun, dans un empilement triptyque, trois à quatre bouchées. Sur demande , tout m’est impeccablement décrit et commenté :

  • Ha Kao : crevette Obsiblue, bouchées vapeur et pousses de bambou
  • Cèpe de Bordeaux : bouchées vapeur, petits légumes
  • Langoustines bretonnes : bouchées vapeur, caviar de hareng

Mon palais jubile et découvre médusé toutes ces nouvelles saveurs, accompagnées par ce délicat thé Oolong. Le restaurant souffle un air de calme apaisant. L’expédition s’annonce sous les meilleurs augures. Pendant que je découvre ces « entrées » chinoises, François, face à moi, procède à la découpe du canard. Dans un rituel qu’il maîtrise à la perfection, mélange d’assurance et de légèreté, il tranche, morcelle la chair de la volaille tout en prenant soin de garder la peau laqué de celle-ci. Et dans un plat, autour d’une sauce, il dépose en éventail les portions destinées à la dégustations.

Le rituel de dégustation de cette volaille est tout nouveau pour moi : vous saisissez une crêpe chinoise chaude, faite de riz et de blé en général, vous étalez sur ladite crêpe une sauce piquante ou sucrée, y ajoutez quelques crudités, pousses de bambou, poivrons jaunes et rouges finement émincés, puis vous posez votre tranche de volaille sur le tout, roulez l’ensemble : c’est prêt, bon appétit ! J’aime ces plats que l’on peut librement créer et agrémenter selon son goût, faire un peu sa petite cuisine, sous les conseils avisés et instruits de mes deux accompagnateurs. Je déguste et je découvre une autre facette de la cuisine chinoise si mal traitée à Paris.

Ça me fait sourire, j’ai l’impression d’être un journaliste culinaire avec mon calepin à la main. Mais je veux tout noter, tout apprendre, tout retenir. J’aime échanger auprès de ce personnel si bienveillant à mon endroit. Tout cela est passionnant.

Pour tout vous avouer, je pensais qu’après ces deux plats, le repas était terminé et qu’il ne restait plus qu’une petite douceur pour le terminer mais François m’avait bien prévenu. Tout n’avait pas été consommé dans ce canard et le fameux « second service » n’allait pas tarder à se présenter. Trois plats sont alors apportés. La seule présentation des mets m’ouvre encore l’appétit. C’est incroyable, moi qui ne pensais plus avoir faim. Les trois plats se déclinent comme suit :

  • émincé de canard avec pousses de soja et poivrons.
  • crevettes Obsiblues françaises, panées, ail, piment, sept parfums
  • asperges blanches et vertes bio de la Sarthe
  • riz sauté de Yangzhou au jasmin, crevette Obsiblue, échine de porc laqué Kintoa

Quel régal ! Les préparations, les assaisonnements, la cuisson… tout est parfait et délicieux. Je prends le temps de tout savourer. Lena m’offre, pour terminer mon repas, de goûter un autre thé. En effet, le Lili propose également de découvrir une variété de thé de Chine et de tester plus de vingt types de feuilles de thé différents.

François, lui, a vraiment tout prévu. Puisque après un si long et copieux repas raffiné, sa suggestion de dessert est la bienvenue. Une rafraîchissante et légère crème de mangue, perles de Sagou et pamplemousse rose. Tout simplement magnifique.

Pour finir, toujours sous les recommandations habiles de François et de Lena. J’ai opté pour une infusion au parfum délicat de Chrysanthème, servie dans une théière en verre permettant de voir la fleur infusée s’épanouir. Le raffinement jusqu’au bout du détail. Tout ce que j’aime.

Je n’ai pas honte de l’écrire, je suis arrivé à 13h00 pour ce déjeuner et j’ai quitté ma table à 16h00. Je ne pouvais faire autrement.

Dernière touche attachante et galante de la part de mes deux guides d’un jour, je me suis vu offrir un petit sac contenant des noix caramélisées aux graines de sésame, celles qui m’avaient été servies à l’apéritif. Ma gourmandise les avait fait sourire.

Un repas comme celui-ci, c’est tout une histoire. Il y a un début et une fin, une entrée, un plat, un dessert. Tout un voyage. Et comme dans chaque histoire, les chapitres et les lignes racontent des moments de partage, parce que nos histoires sont rarement vécues seuls. Il y a des rencontres, des personnes, des saveurs. Alors pour ce repas, pour cette histoire qui touche à sa fin, je tiens à en remercier tous les personnages, chacun des acteurs ou intervenants. Merci à tous d’avoir permis que cet instant se passe sous la meilleure égide possible. Merci.

Et un merci tout particulier à Manon Voituret pour avoir rendu cette expérience possible.

Restaurant Lili Paris – 19 avenue Kleber, 75116 Paris, France -Tél: 01.58.12.67.50 Pour plus de détails et de renseignements consulté le site internet : https://www.liliparis.fr/fr/default

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