L’Arlatan

Je vous emmène en Provence sur les bords du Rhône pour vous raconter l’une des collaborations les plus importantes de ma jeune vie de blogueur éditorial. L’une de celles dont je suis le plus fier : je vous emmène à Arles ! Arles, cité antique mondialement renommée. « Arelate » signifiant en ancienne langue celte « lieu situé près de l’étang » où depuis 2018 a ouvert un lieu des plus improbables, fruit de la volonté d’une mécène visionnaire Maja Hoffmann et de l’imagination de l’artiste-designer cubano-américain Jorge Pardo. L’Arlatan : un chef-d’oeuvre moderniste flamboyant ! L’Arlatan, un rêve surréaliste pour l’humble blogueur influenceur que je suis. Un honneur d’avoir été choisi pour collaborer avec cette belle maison.


L’Arlatan, je l’ai découvert dès son ouverture via Instagram et ce bien avant les parutions d’articles de presse parus dans les prestigieux magazines « AD » et « Côté Sud ». Singulièrement, je me répétais que je n’aurais aucune chance de pouvoir à mon tour écrire un article sur le lieu. Pourtant, il ne faut jamais renoncer à ses rêves. Dès les premières photos glanées sur internet et dans la presse, j’ai su que L’Arlatan m’inspirait. Cette maison ne ressemble à aucune autre. L’art y jouit d’une place prépondérante dans un foisonnement, une mosaïque d’idée et de réalisation, rencontre parfaite entre un lieu architectural ancestral, cher au cœur des arlésiennes et des arlésiens, et un artiste poète, pythie génial. L’Arlatan, c’est une oeuvre d’art unique !
L’Arlatan, c’est l’opportunité insensée de pouvoir séjourner dans cet écrin, de pouvoir rencontrer, approcher, parler aux artistes y séjournant sous l’invitation de Madame Hoffmann.

Arles, je l’ai découverte voici quelques années alors que j’évoluais dans le milieu de la mode grâce aux premières collections Haute Couture d’un jeune et talentueux couturier d’alors: Christian Lacroix. Arles, une ville où je me sens bien. Arles et son patrimoine architectural, ses ruelles, ses pierres, son ambiance, ses artisans, son accent provençal, sa lumière, ses couleurs, ses floraisons, sa réserve naturelle de Camargue, ses arlésiennes, ses dentelles dont sa dentelle noire.

Tel Vincent Van Gogh en son temps, c’est en train que je me rends jusqu’à Arles. De la gare, je prends plaisir à arpenter le centre historique pour rejoindre l’hôtel. Musardant, je découvre une ville restaurée, revivifiée, enjolivée depuis mes années d’absence. Le calme et la douceur de cette mâtinée d’automne invitent à s’attarder le long des ruelles où se côtoient hôtels particuliers à la beauté surannée et maisons individuelles fleuries au charme personnalisé.

L’Arlatan se situe dans le cœur historique, à deux pas de la Place du Forum, non loin des Arènes, de l’Amphithéâtre romain et de la Cathédrale Saint-Trophime. Soudain, le voici : sans même le savoir, débouchant par la rue du 4 Septembre qui se prolonge dans un tortillement en devenant la rue du Sauvage, je tombe sur l’un des plus beaux hôtels particuliers de la ville arborant fièrement sa façade du XVIIIe siècle. Aucune pancarte pour le signaler. En toute majesté il s’impose.

Il faut pousser la porte d’entrée discrète et pénétrer à l’intérieur pour que tout soit révélé. Après quelques pas, je me trouve transporté dans un autre monde, transbordé dans un autre univers à mille lieux insoupçonnable. Le dedans est aussi chamarré et éclatant que le dehors est sobre et tempérant. Une explosion de couleurs, de matériaux, de formes qui me saisit dans l’instant. Je ne m’étais pas trompé. Me voici dans un lieu unique. La réception ne ressemble à aucune autre, à aucun hôtel, aucun lieu divers et varié qu’il m’ait été donné de découvrir.

C’est aéré et en même temps intimiste. La lumière provençale toute matutinale accentue la foison des couleurs qui courent du sol jusqu’aux murs dans un ajournement mosaïqué à l’effet impressionnant. La mosaïque, c’est le fil conducteur de la maison comme je vais très vite le découvrir. Les murs, les portes sont recouverts de panneaux de bois calqués gravés au laser, peints à la main aux couleurs de la lagune camarguaise. Le long du couloir menant vers un salon, le Boulevard des Lices y est représenté, cette artère emblématique de la ville. Dans le prolongement c’est la Tour Frank Gehry édifiée pour la Fondation LUMA que l’on devine. Sur l’autre pan de mur c’est la réception de l’hôtel lors des travaux qui est reproduite. Un rendu original avec effet de profondeur, attisant et attirant la curiosité.


C’est toute souriante et amusée par mes regards émerveillés que Jeanne me souhaite la bienvenue. Dès les premiers échanges, Jeanne, en cheffe de réception, se montre disponible et disposée à satisfaire ma curiosité. D’ailleurs je me rends compte que sa passion pour le lieu et ses connaissances sur l’histoire de l’Arlatan sont insatiables. Elles me seront indispensables pour la rédaction de cet article et profitables pour mon séjour. Ce matin j’ai rendez-vous avec Mathilde des Maisons d’Arles. Sans Mathilde, cette collaboration n’aurait pas été possible. Nous nous rencontrons autour d’un thé et nous devisons. Elle m’apprend que « les Maisons d’Arles » c’est, comme elle le dit, « un archipel d’univers singuliers » ou un regroupement de plusieurs établissements, trois hôtels et cinq restaurants, voulu et pensé par Maja Hoffmann auquel l’Arlatan est affilié.

J’aurai l’occasion au cours de cet article de revenir sur le trio insolite appartenant au patrimoine arlésien qui compose les hôtels des Maisons d’Arles puisque Mathilde me recommande vivement leur visite. De même je m’attarderai sur les tables ou restaurants formant une collection de lieux uniques emmenées par le Chef Armand Arnal que je vais avoir le privilège de rencontrer. Mathilde m’apprend que je suis invité à aller visiter son restaurant gastronomique étoilé installé autour du plus grand jardin-potager de la région, bio, en plein cœur du Parc naturel régional de Camargue. Une annonce et une surprise qui me subjuguent. Rendez-vous est pris pour le lendemain.

La Chassagnette : deux hectares de plantations, la nature, le naturel, le bio, le bon, le vivant, le sain, le saindoux, le rythme des saisons, le respect du cycle du temps. Mon interlocutrice me parle de ce lieu que je découvre à travers ses mots et que je me languis déjà de voir. Bien sûr nous échangeons sur l’ordonnatrice et mère nourricière de tous ces projets : Madame Maja Hoffmann. Je lui dis tout le respect, toute la considération à l’endroit de cette femme visionnaire, mécène engagé dans tant et tant de théâtres d’opérations aussi bien dans l’art, la création, l’environnement, l’éducation, qui a cœur de faire vivre cette ville d’Arles œuvrant pour sa renaissance, pour son développement. Sans Madame Hoffmann, nombreux édifices de la Vieille ville ne seraient plus que des vestiges sans âme d’un passé glorieux antédiluvien. Elle choisit de les restaurer, de leur redonner une seconde vie. Voilà une personne que j’aimerais pouvoir côtoyer le temps d’une rencontre, apprendre à ses côtés, l’écouter, m’enrichir, parler d’Art, lui dire tous les bienfaits qu’elle prodigue à cette terre de Camargue chère à son corps et à son âme, chère à son enfance, chère à son père.


Maja Hoffmann n’est autre que la fille de Luc Hoffmann, pionnier de l’écologie, ornithologue renommé, défenseur de l’environnement, philanthrope suisse et cofondateur du Fonds Mondial pour la Nature, le célèbre WWF et son logo au Panda. Sa famille est la fondatrice du leader mondial de l’industrie pharmaceutique « Roche ». Après la Guerre, Monsieur Hoffmann achète une propriété en Camargue. Il y créé et implante une station de recherche biologique. C’est grâce à ses travaux, grâce à sa volonté inébranlable, grâce à sa prise de conscience visionnaire que la Camargue sera sauvée dans les années soixante, que le Parc Naturel de Camargue sera créé. La grand-mère de Maja, Maja Sacher, était une grande collectionneuse d’art de Pablo Picasso à Fernand Léger, en passant par Georges Braque et créé en son temps une fondation qui sera à l’origine de la collection principale du Musée Schaulager près de Bâle.


C’est avec cet ADN de pionnière, de protectrice, de collectionneuse que Maja Hoffmann débute sa propre collection d’art dans les années quatre-vingts du côté de New-York (Warhol, Basquiat, Schnabel). Son actualité c’est la LUMA, contraction des prénoms de ses deux enfants (Lucas et Marina), un complexe culturel conçu par Franck Gehry pour la production d’expositions, d’art, la recherche, l’éducation et les services d’archives. L’un des bâtiments est dédié à la Maison de la Photographie. Il fait partie du Festival International de la Photographie, les fameuses Rencontres d’Arles. Un lieu exceptionnel que je vais m’empresser d’aller découvrir pendant mon séjour.

L’Arlatan est réparti sur plusieurs bâtiments, chacun affecté à sa destination : chambres d’hôtel, Suites, appartements et résidence pouvant accueillir des familles mais également des artistes invités à entamer un travail de recherche et mener à bien des projets spécifiques liés à leur pratique artistique.

Pour rejoindre ma chambre, je me laisse guider en traversant différents lieux. Je ne peux m’empêcher de pousser des cris d’émerveillement à chaque découverte. Nous traversons le jardin intérieur afin de gagner le corps de bâtiment le plus ancien. Un mélange de plantes d’essences tropicales colorent l’endroit d’une touche exotique, dissimulant de manière désinvolte la piscine recouverte de la mosaïque précédemment décrite. Elle est ceinte d’une margelle orangée du plus piquant des effets. Le contraste avec la verdure est efficace.


Nous pénétrons dans le restaurant. C’est à cette seconde exacte que je prends toute la mesure de la performance de la métamorphose des lieux. Trois années de travaux pour aboutir à créer un espace aux accents contemporains prodigieux dans lequel les couleurs et les formes se déploient dans un feu d’artifice visuel. C’est époustouflant. Et comme je le confierai à mon accompagnatrice, c’est encore plus prodigieux en vrai. Les photos jusque-là puisées dans les magazines ne sont pas parvenues à rendre justice à la magie joyeuse contenue entre ces murs.

Au sol, la mosaïque évoque subtilement les zelliges mauresques bien connus. Jorge Pardo est un génie bienheureux. Il a décidé de recouvrir l’intégralité des planchers, sols et murs de cet Arlatan de plus de 6500 m2 de fragments de terre cuite vernissée spécialement fabriquée au Mexique. Le rendu est au-delà des mots et n’attend que vos yeux captivés pour révéler toute sa valeur. Plus de deux millions d’éléments sur un échéancier de dix-huit coloris.

L’ameublement est en synchronie avec le tableau impressionniste que représentent les trois salles du restaurant. Chaque meuble provient de la collection privée de Madame Hoffmann. La richesse et la variété de son goût parlent d’eux-mêmes alors que je m’attarde sur quelques pièces vintage comme cette bibliothèque iconique Jorge Zalszupin 1960, ou sur ces chaises « Elettra chairs » par B.B.P.R., et autre mobilier design de chez Arflex maison italienne renommée ou du Studio COD. Une sélection hétérogène dextrement répartie et disposée.


Nous voici dans l’un des lieux phares de l’Arlatan. L’escalier majestueux en métal ajouré adossé pour partie au colossal mur de plus de dix mètres de hauteur datant de l’époque romaine. En levant les yeux, on découvre les vestiges d’une colonne antique ainsi qu’un four à pain médiéval. La dentelle métallique de sa rambarde évoque un moucharabieh oriental. Dans son axe central, pendus et flottants comme des guirlandes, les fameux luminaires de Jorge Pardo à l’origine de sa renommée. Une composition protéiforme faite de plusieurs couches aérées, comme un mille-feuille, de plastiques recyclés, découpés et conçus par ordinateur en pièce unique. Réaction en adoration garantie. Le tableau de Danai Anesiadou « Outrage aux mœurs » orne l’un des pans de mur. L’art omniprésent, omnipotent.

La modernité de cet escalier majestueux contraste puissamment avec l’historicité du bâtiment construit à même l’un des murs des anciens Thermes de Constantin. Au travers de grandes portes-fenêtres, mon regard se projette sur l’aile opposée et découvre, médusé, une cour pavée en calade articulée d’une galerie du XVe siècle se terminant par une non moins majestueuse cage d’escalier rappelant le style de celle du Château de Chambord.

Pour rejoindre ma chambre, j’emprunte la galerie d’époque modernisée et profite pour lambiner à l’occasion d’une session photo improvisée. Je pose le long des murs recouverts de guède, ce pastel des teinturiers connu depuis l’Antiquité. Le rendu est incroyable. Des solives, longtemps masquées par des rénovations successives maladroites, laissent apparaître leur rusticité. Et encore ces lustres de plastique aux corolles lumineuses.

Courant sous mes pieds, cette mosaïque dont je ne me lasse pas aux tons bleu, jaune et saumon. Les rayons du soleil projettent au sol l’ombre des fenêtres impeccablement découpées. La féerie du lieu abuse de mes sens. Je ne sais plus où je suis, …dans un rêve… mais un rêve éveillé. Chaque porte de chambre est revêtue d’un panneau de bois gravé et peint d’après des photographies. Les scènes se veulent un hommage à Van Gogh, aux estampes japonaises, à la Camargue. Tant de génie est inspirant. Arles et ses habitants peuvent être fiers.

Afin d’accéder à ma chambre qui se trouve au second étage, nous traversons la partie de la Galerie ouverte sur le patio pour rejoindre l’escalier en colimaçon tout en pierre de taille. Nous atteignons la hauteur des toits de la ville recouverts de tuiles « canal ». Le soleil se fait vivifiant. Sa lueur, comme pour m’adouber, vient se projeter sur le palier d’accès de ma chambre.

Palier dissimulé sous une alcôve d’époque, barré d’une porte. Devant moi, peints d’après une photographie, Maja Hoffmann et Jorge Pardo, les Maîtres des lieux. Je ne pouvais rêver meilleure protection.

Un portrait différent de mes deux hôtes par procuration se trouve sur le recto de la porte. Celle-ci ouvre sur un vestibule jaune, jaune orangé conduisant vers deux chambres. J’ai la Suite n°21. Jeanne m’avait bien dit que l’Arlatan m’avait réservé une surprise de taille mais je ne me doutais pas de la teneur de celle-ci. C’est théâtral, d’un bleu chatoyant, poutres traversantes bleu turquoise.

C’est intimiste et sobrement meublé. Tout est aménagé pour flatter l’oeil dans une quête réussie du confort. C’est coloré mais pas surchargé, accompli avec subtilité. Je suis à Arles mais je pourrais aussi bien me trouver quelque part au Mexique, à Cuba, vers Miami ou du côté de Los Angeles que je connais bien. Ambiance d’hacienda espagnole. Impression hispanisante évidente. Mélange de cultures pour en créer une unique dans un élan de liberté ultime. Un voilage surdimensionné recouvre le mur en pierre d’époque laissé brut. Il est foré d’une grande fenêtre en demi-lune ou cintrée donnant sur le Jardin de Provence et la piscine ainsi que d’une lucarne donnant sur le nid d’un couple de pigeons.

Gros coup de cœur pour le tissu Wax du couvre-lit, des multiples coussins et du canapé. Mobilier en bois tropical du Costa Rica. Armoire de même réalisation que les portes en bois gravé. Grand miroir ovale au-dessus du lit. Lampes, appliques, lustres, tout est pensé en oeuvre d’art et fabriqué sur mesure d’après l’inspiration de Jorge Pardo. Fauteuils aux lignes épurées avec assises et dossiers cuir. Le plus : cette rocking-chair positionnée devant la fenêtre pour contempler la vue. Ensemble canapé et table basse avec petit nécessaire pour se désaltérer. Thé et mot d’accueil de la part des Maisons d’Arles.

La salle de bain est surprenante : coffrage et baignoire encastrée, douche et double vasque. Mosaïque en fil conducteur. La pièce est très bien éclairée malgré l’absence de fenêtre que l’on oublie très vite.

Après quelques photos, je prends le temps de m’installer dans la Suite. 

L’heure du déjeuner approche, je vais aller rejoindre le restaurant où je suis invité par les Maisons d’Arles à y faire bombance. Pour m’y rendre, j’emprunte le couloir du premier étage par lequel je suis venu, tout en prenant le temps de m’arrêter devant la ligne de photographies de l’artiste américaine Lily Gavin. Série « Une histoire avec Vincent » réalisée durant le tournage du film « At Eternity’s Gate » de Julian Schnabel.


Difficile d’imaginer qu’il y a peu encore le rez-de-chaussée abritait ici un garage. Désormais une enfilade de salons et d’alcôves d’ambiance chic et décontractée convie les résidents aussi bien que les visiteurs extérieurs à commander un verre, à converser, à prendre une pause repas ou à s’approprier les tables de travail. Dans ces espaces, le sol à effet en tessellation donne une impression d’immensité subjuguante.

Les solives, redécouvertes au moment des travaux, dévoilent à présent les armoiries de la famille d’Arlatan de Beaumont, fondatrice des lieux, l’une des plus importantes familles de la noblesse arlésienne dont, nous dit la légende, l’un de ses membres, Jean d’Arlatan, Intendant du Roi au XVe siècle, libéra la Crau d’une bête féroce qui ravageait les chênes-kermès ou chêne des garrigues. En remerciement, fût accordé au héros ainsi qu’à ses descendants, le privilège de la récolte du carthame, vermillon de Provence. La richesse des d’Arlatan débuta.


Le choix est cornélien. Ce midi, ma table jouira de la proximité d’une fenêtre filtrant la douceur des rayons du soleil. A l’occasion de mes prochains repas, je pourrai à ma guise satisfaire mes envies de perspectives et choisir une autre table, un autre emplacement, une autre vision. Depuis ma chaise, je profite de la vue donnant sur le patio. Sur les murs de la salle, des panneaux en bois de Parota à l’effet raffiné et à l’utilité surprenante. Ainsi perforés de centaines d’alvéoles, ils forment un coffrage acoustique atténuant le grondement des voix dans cet espace aux volumes multiplicateurs. Chaque panneau est sculpté, peint aux couleurs des salins mexicains et des salins de Camargue, telles des oscillations, des vagues. C’est l’une de mes œuvres préférées. L’effet d’optique est magnifique.


Le restaurant offre une carte des mets adaptée au rythme des saisons. L’idée: nous faire découvrir une sélection de saveurs provençales et méditerranéennes. La commande est prise. C’est léger et de saison, deux entrées raffinées et savoureuses : maquereaux marinés, betteraves framboises et un minestrone de légumes, pesto alla genovese.

Première nuit passée dans ce sanctuaire de quiétude qu’est l’Arlatan. C’est le chant d’un couple de pigeons qui aura su me tirer d’un sommeil profond.

Ce matin, découverte du petit-déjeuner buffet servi dans les salons du restaurant, disposé autour d’une grande table blanche et d’un comptoir. Fatima assure l’accueil et fournit patiemment les explications nécessaires pour que tout se déroule pour le mieux. Elle me propose le jus détox du jour : ananas, raisin et carotte. Présentation affriolante, mélange de fruits de saison, variété de pains fournis par la Boulangerie « Pain des Vignes » située à deux pas sur la Place du Forum, céréales, confitures maison, cakes et pain d’épices maison, brownies, muffins, viennoiseries, charcuterie, formages, œufs frais et boissons chaudes à volonté.

Puis, à l’improviste, se joint à ma table, Madame Théodora Galanof, la directrice des lieux. Une surprise de taille. Nous engageons la conversation à la faveur de mes questionnements. L’enthousiasme de ma voisine de tablée est communicatif. Merci Madame pour cette rencontre impromptue et pour votre présence lors de ce petit-déjeuner.

Après le petit-déjeuner, détour au Mas de la Chassagnette et rencontre avec le Chef étoilé intuitif Armand Arnal. Le rendez-vous a été organisé par les Maison d’Arles. Le Chef a trouvé l’idée pertinente et me convie à déjeuner avec toute son équipe. Privilège rare et honorant. Je vous raconte tout dans mon article consacré à la Chassagnette.

De retour à l’Arlatan, le mésoclimat arlésien exhorte à un petit plongeon dans la piscine. Les Araucaria Araucana de Patagonie, les bananiers, érables, magnolias fleuris, figuiers nains et autres oliviers ornent les pourtours de la piscine créée par l’artiste cubain. Touche colorée jaune et orange provenant des fauteuils « AA » Airborne.

Je profite également de cette fin d’après-midi de nonchaloir pour découvrir les salons donnant sur le Patio, dont celui hissant fièrement sa cheminée en pierre XVIIe siècle. Le jeu des contrastes entre modernité du design et le classicisme antique des lieux est saisissant. Ameublement de la collection privée Maja Hoffmann.

A l’étage, surprenante double porte en trompe-l’oeil oeuvre de Jorge Pardo en bois peinte représentant Philippe Parreno, artiste plasticien français du groupe Core qui aide Maja Hoffmann à définir les contours de la Fondation LUMA-Arles. Derrière cette porte, je découvre la salle de sport atypique, totalement différente de ce que l’on peut voir ailleurs. Le sport comme un art.

Il y a ici une inspiration à l’infini, des nuances de rose et de bleu, un éclectisme de meubles et objets d’art, murs en trompe-l’oeil.

J’aime m’attabler pour écrire devant l’affiche du film « L’adolescente » réalisé et joué par Jeanne Moreau. Une autre affiche au mur m’impressionne : « La femme aux bottes rouges » un film de Luis Buñuel. Je me perds dans cette série de salons jusqu’à atteindre une forme de réplétion visuelle.

Dans la suite de mon article, je vous parlerai en plusieurs chapitres de mes impressions sur Arles, sur mes découvertes de la ville et vous confierai quelques adresses retenues. Je partagerai avec vous mon séjour au sein de l’hôtel Le Cloître, l’autre adresse des Maisons d’Arles. Je vous montrerai ma rencontre auprès d’Armand Arnal dans son jardin aux merveilles, la Chassagnette.

Je crois pouvoir dire que mes heures à l’Arlatan auront été enchanteresses. Les qualificatifs, épithètes et autres superlatifs ne suffiraient pas à retranscrire toutes les émotions ressenties en vivant l’expérience unique de résider dans ce lieu invraisemblable, miraculeux, mirifique, colossal, allégorique. Pour Arles, il y aura un avant et un après l’Arlatan. Merci à Maja Hoffmann.

 Mon séjour aura baigné dans la plus grande sollicitude de la part du personnel qui aura su aussi discrètement qu’efficacement répondre à mes attentes même les plus saugrenues. Chacun aura contribué à rendre cette expérience inoubliable. Une parenthèse comme je n’en avais jamais vécu auparavant, à la découverte d’univers artistiques excitants, à la rencontre de créateurs inspirants, au contact de poètes touchants, et surtout en compagnie de collaborateurs de ces Maisons d’Arles aussi accueillants et généreux, qu’humbles et professionnels. A vos côtés, à tous, j’ai beaucoup appris, j’ai beaucoup noté, j’ai beaucoup avisé. J’ai passionnément aimé ces quelques jours sur Arles. Grâce à vous, merci. 

L’Arlatan – 20 Rue du Sauvage – 13200 Arles – Tel : +33.4.65.88.20.20 – Email : contact@hotel-arlatan.frhttps://www.arlatan.com/ Les Maisons d’Arles – 7-9-11 Rue de la République – 13200 Arles – Tel : +33.4.90.97.20.29 – Email : contact@lesmaisonsdarles.frhttps://www.lesmaisonsdarles.fr

2 commentaires sur “L’Arlatan

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