The Bunkers

Knokke-Heist, station balnéaire éminemment célèbre, haut lieu sélect du tourisme belge, contrée de villégiature très prisée, sise le long de plages de sable blanc de la Mer du Nord, entourées de dunes naturelles. Si j’ai choisi de rejoindre ce bout de Flandre-Occidentale, situé à la frontière des Pays-Bas, c’est pour y découvrir une maison d’hôtes unique, combinaison réussie de design épuré, brut.


The Bunkers jouxte le Zwin Parc Nature, une zone de marécages, de vasières, de prés-salés, anciennement un bras de Mer aujourd’hui ensablé, biotope unique pour de nombreux oiseaux et plantes. The Bunkers est donc en lien direct avec la nature environnante, celle des polders, au milieu desquels elle se trouve, que je vais pour l’occasion découvrir.

The Bunkers, une guesthouse déjà largement repérée dans la presse et qui depuis son ouverture en 2018 a fait l’objet de nombreux articles dans la presse. Je suis donc très touché d’être parvenu à décrocher cette collaboration et fier de pouvoir écrire à ma manière sur cette adresse coup de coeur.

Les cinq bunkers qui entourent la propriété ont donné leur nom au domaine qui s’enorgueillit d’un passé riche, historique, tumultueux et familial.
C’est un « ciel gris indéfinissable et velouté » comme l’écrivait le poète belge Georges Rodenbach, qui m’accueille. Le soleil de ce matin-là parvenait de temps à autre à se frayer un chemin à travers ce front inanimé. Pendant ces brefs instants, la lumière élyséenne irisait d’un vert absinthe les champs camus à perte de vue. C’est d’une beauté toute mélancolique.


Enfin j’aperçois au loin les fortifications de briques, témoignages de l’occupation allemande et reliques iconiques de cette maison où je m’apprête à passer le week-end. L’ancien corps de ferme ayant appartenu aux parents du propriétaire, se devine et se dévoile à mesure que je me rapproche.


J’avais prévenu Margaux de mon arrivée en tout début d’après-midi. La maîtresse des lieux m’avait communiqué les codes pour accéder librement à la propriété. Une fois passée la porte barrière d’entrée, au noir opaque dense, les lignes réinventées de l’ancienne métairie s’imposent, pures, simples, linéaires dans un assemblage réussi de modernité et de rusticité, de brique et de bois, de verre et de tuile.

Depuis le parking réservé à la clientèle, le crétellement des poules se fait entendre. Et comme pour me souhaiter la bienvenue, deux moutons sortent des bunkers qui désormais leur servent de refuge. Je suis déjà conquis par le charme champêtre et bucolique du lieu.

Je ne peux me retenir de prendre quelques instants pour appréhender des yeux ce lieu qui déjà me semble unique dans sa conception. C’est donc dans cet espace de verdure sauvage, réaménagé par l’architecte paysagiste Léon Van Haesebrouck, que je vais passer mes deux prochains jours. C’est pour cet endroit que le savoir-faire de deux architectes de génie s’est accompli. Benny Govaert & Damiaan Vanhoutte, basés à Bruges, ont su relever le défi d’une douce transition entre passé et présent. Ici plusieurs époques se superposent dans le respect des lieux. Le résultat contemporain valorise de façon brillante le patrimoine existant en le propulsant dans le XXIème siècle.

L’ancienne grange métamorphosée en maison d’hôtes a été agrandie, doublée : d’une façade doyenne en brique, l’extension opte pour une façade en bois qu’une immense ouverture vitrée vient sceller et unir. La ramification moderne est recouverte de lattes d’Afromosia, un bois d’Afrique. Un bardeau de lattes espacées d’interstices réguliers laissant traverser la lumière et montées sur des structures amovibles faisant office de volets roulants. L’ensemble s’ouvre et se ferme en accordéon, au gré des besoins, des effets recherchés. C’est visuel et magnifique, transformant la maison en bunker de breuil.


L’entrée se situe dans la partie moderne : une impression de maison au style « brutaliste » bien défini me vient à l’esprit. Je pénètre via un sas tout de verre. Mon regard alors est immédiatement attiré par la ligne parfaite qu’offre le décor intérieur. Du sol au plafond, le choix du béton désactivé avec son aspect gravillonné distinctif se révèle du meilleur effet. Il détonne avec le piqué de la verte campagne ; il se confond avec le gris des bunkers témoins d’un passé récent ; il s’harmonise avec la torpeur du ciel.

L’immense plan de travail de la cuisine impressionne, tel un îlot central avec chaises bar, teintées charbon, rangées dans un alignement rigoureux. La cuisine ouverte se prolonge pour devenir la salle à manger dédiée aux repas, laquelle se termine en équerre par un grand salon.

Je remarque en prévision d’un tea time, le grand canapé ouaté qui m’appelle. Face à lui, une cheminée avec insert alimentée au gaz. Des tables d’appoint ainsi qu’une bibliothèque recueillent des livres sur l’art, le design, la mode. Un espace cosy où s’installer doucettement et paresseusement regarder défiler les saisons.

Le rez-de-chaussée forme un seul et même espace lumineux dans une consécution de baies vitrées offrant un panorama direct sur la contrée. Autant vous dire que j’ai déjà repéré la place que j’occuperai demain matin pour prendre mon petit-déjeuner, pour être aux premières loges, pour ne rien manquer de cette échappée visuelle étendue. Une tablée courant sur toute la longueur des vitres me servira de point d’attache. Ce comptoir est une idée parfaite et accueillante.


Ce soir, je pourrai me détendre comme à la maison en prenant le dîner dans cette cuisine tellement bien pensée, équipée de tous les ustensiles nécessaires derniers cris, appareillée d’un électroménager high-tech aussi beau que commode. Il n’y manque rien.

The Bunkers propose cinq chambres dont chacune possède son caractère singulier. Elles se répartissent dans le bâtiment ancien au nombre de trois, ainsi que dans le bâtiment nouveau au nombre de deux. C’est précisément dans la nouvelle extension que se situe ma chambre. Je m’empresse d’aller découvrir celle dont le nom seul avait guidé mon choix : la Terrace Room.

Comme toutes les autres chambres, elle se loge à l’étage de la maisonnée. Pour la rejoindre, j’emprunte l’escalier d’accès de béton brut à la beauté mystérieuse et intrigante. L’éclairage sobre accentue cette première impression surnaturelle.


La chambre « Terrace » est spacieuse : lit double à ma droite, espace salon à ma gauche composé d’un canapé, d’un fauteuil cuir dit « Butterfly Chair », d’une étonnante table en béton brut posée sur son socle de fer, telle une œuvre d’art ; tapis de sol, miroir, quatre placards sur mesure judicieusement logés en quinconce dans chaque espace de vie. Les placards sont souvent, à mon grand regret, les oubliés dans l’organisation d’une chambre. Ici leur fonction et leur nombre ont visiblement été pensés et conçus par un esprit critique pratique. Un banc bout de lit, tout de bois, ajoute à la convivialité de la chambre.

Je m’y attarde quelques instants pour mieux apprécier certains détails de décoration : telles ces lampes en applique murale chevillées dans des niches creusées à même le mur de béton ciré. Elles sont disposées en tête de lit et côté salon de chaque côté du canapé. Dans l’une de ces niches, se loge un poste stéréo rétro avec fonction Wifi.


La salle de bain prolonge encore et toujours le béton brut désactivé à l’aspect gravillonné. Son agencement et son aménagement sont fonctionnels. Les volumes de la douche m’impressionnent. J’aime la forme et les dimensions de la fenêtre « meurtrière » qui s’étire en largeur au-dessus du lavabo. Elle est en prise directe avec la nature, comme à l’affût, symbole d’un poste d’observation.


Le cabinet d’architecture intérieure à l’origine de toutes ces belles trouvailles n’est autre que le Cabinet Anversa d’Anvers. Son équipe est parvenue à donner une âme vivace très vivante à cet accolement unifié de gris et de béton. Le mariage prend et va jusqu’à procurer un ressentiment de chaleur. Ce parti pris du « tout béton » apporte à The Bunkers un minimalisme très relaxant. C’est ce design épuré qui fait sa beauté.


Enfin, j’ai gardé le meilleur pour la fin, l’attrait et l’attraction de cette « Terrace Room » proviennent évidemment de sa terrasse privée de 18m2. On la devine dès le pas-de-porte franchi. Ce jour-là, elle se camouflait pour partie derrière de larges volets en persiennes amovibles et pivotants autour de portes vitrées. Une terrasse qui se veut traversante avec sol à larges lattes de bois, balustrades de verre. Bien à l’abri depuis ce point culminant, nous nous trouvons à hauteur des toits dans un entre-deux des bâtiments modernes et anciens. L’offre de vue directe des deux côtés de la propriété est idéale. Un mobilier de jardin complet est à disposition.
Le séjour peut commencer.

Chaque chambre à The Bunkers est en lien direct avec vue sur la nature. Le lettrage Field-Terrace-Rooms est sobrement écrit sur les murs pour en marquer la direction. 

Mais où donc se cache cette piscine qui m’a séduite et dont les photos ont aiguisé mon attrait pour cette maison insolite ? Il suffit de suivre les indications discrètement balisées, de pousser une porte en retrait jouxtant le premier escalier pour se retrouver de l’autre côté du bâtiment toujours au rez-de-chaussée : c’est là qu’elle se dévoile dans sa magnificence tout en longueur.

Le bassin longe de grandes baies vitrées qui l’été peuvent s’ouvrir et coulisser. L’espace en adjuvant béton est en adéquation avec la maison : sobre, élégant, pratique, peignoirs nid d’abeille chatoyants, draps de bains éponges de même effet. Tout est qualitatif, confortable et sublime l’offre de relaxation. Aujourd’hui encore, plusieurs semaines après mon séjour, je garde intactes les images des reflets changeants de ce ciel de Flandre pendant mes sessions de brasse. 

J’ai pu profiter de l’espace détente et bien-être à chaque instant de mon séjour. Et si comme moi vous aimez également profiter de la nature, prendre l’air, marcher sur les sentiers, The Bunkers est idéalement placé, tel un îlot, une chartreuse en pleine campagne. J’ai tellement apprécié de me prélasser dans ce bassin chaud au retour de mes footing matinaux. J’ai aimé enchaîner avec les bienfaits du sauna situé au sous-sol de la maison. Vous serez surpris, comme je l’ai été, par son agencement, sa localisation, son design tout scandinave. 

En poussant une autre porte, je découvre la salle de sport, très complète, high-tech. Dans la même enfilade de pièces du sous-sol, je découvre la salle de jeu. Une très  bonne idée de la part des propriétaires : baby-foot, table de ping-pong, flipper vintage, grand canapé. Endroit propice à l’amusement, au partage.

Ce soir je profite pleinement de la maison puisque la cuisine est à disposition. Chaque client en a l’utilisation à appréciation. Il suffit d’apporter ses produits. C’est si bon de bénéficier d’un tel espace convivial. Je souhaitais récoler mes petites courses faites en Hollande et déguster quelques spécialités que j’apprécie tant comme ces harengs au vinaigre, ces salades et mélanges de crudités que l’on ne trouve que par ici mais aussi des fruits et laitages locaux. Ce soir tous les hôtes sont sortis dîner. Je peux donc jouir du lieu comme il me plaît, me prélasser dans le sofa face à la cheminée, bordé par le calme à l’entour.


La nuit a été bercée de quiétude absolue. Je me réveille dès les premières lueurs pour assister au réveil de la nature environnante. L’aube naissante irise le ciel de son rouge le plus ardent. C’est somptueux !


Ce matin c’est aussi ici dans cette grande pièce à vivre que le petit-déjeuner sera servi. Présenté sous forme de buffet, il débute à 9h00 pour se terminer vers 10h30. Disposé sur la grande table dans un esthétisme sobre, il est réparti sur le comptoir central de la cuisine.

Il met en appétit, c’est frais, attirant. Un assortiment de pains suscite d’entrée ma curiosité et ma gourmandise. Un choix de viennoiseries, confitures, yaourts frais locaux, muesli et granola sont à disposition. Des fruits rouges frais présentés dans de ravissantes coupelles soulèvent mon intérêt, mais aussi bien sûr de la charcuterie, du fromage, pour les amateurs de salé. Jus de fruit de la marque Alain Milliat aux parfums rares comme celui de la betterave que je vous conseille: excellent. Grande corbeille de fruits, miel maison et œufs frais.

Ce matin mes papilles se régalent tout autant que mes yeux. Je suis installé sur le grand comptoir table qui longe la grande baie vitrée, face à la nature circonvoisine : c’est spectaculaire de beauté ! Margot, propriétaire de la maison, est là aussi pour nous accueillir, attentive aux souhaits de chacun, servant les boissons chaudes et préparant les œufs frais à la coque, en omelette ou brouillés. Entamer une journée en entonnant de tels menus plaisirs reste un privilège rare ! Le petit-déjeuner insuffle toujours le tempo de mes journées. A The Bunkers, il aura battu d’un mouvement particulier.

Pendant ce séjour à The Bunkers j’ai pris un grand plaisir à découvrir Knokke-Heist, ses environs ainsi que la Hollande toute proche. Si vous ne l’avez pas encore fait, Knokke est à découvrir. Une cité balnéaire chic, dans le bon sens du terme, où il fait bon vivre, construite autour de très belles propriétés, offrant une sélection de nombreux magasins de tout acabit et de tout chaland. Le front de mer est à parcourir à pieds préférablement.

Si vous poussez un peu plus loin la visite, vous vous retrouverez très vite dans la nature, dans de grands parcs, le long d’allées larges et arborées, parfaitement entretenues, bordées de sublimes villas. Au-delà de la ville, vous pourrez atteindre le Zwin, cet immense parc ouvert aux visiteurs qui est également une réserve naturelle protégée. Cette plaine, ancien bras de la Mer du Nord, est l’oeuvre de Léon Lippens, membre d’une famille belge très connue et très impliquée dans la vie politique et la vie économique du pays. Il créa cette réserve en 1952.

Du côté de Le Zoulte, j’ai déniché une excellente boulangerie : la maison De Baere, réputée pour ses pâtisseries, ses chocolats, ses macarons ainsi que son pain artisanal. J’ai pu goûter quelques-unes de leurs spécialités.


L’un de mes villages préférés, dépisté à l’occasion de ce voyage, s’appelle Damme. Un bourg pittoresque et historique se situant dans l’un des polders de la région. Damme renferme une atmosphère atypique, de nombreux monuments dont l’Hotel de Ville gothique sur la Place du Marché, son moulin à vent le long du canal, l’Hôpital Saint-Jean datant du XIIIe siècle, l’église Notre-Dame. Il règne dans ses belles ruelles une ambiance toute champêtre.

J’ai beaucoup apprécié me perdre dans ce petit dédale de carte postale, un village aux constructions basses, à l’architecture conservée, non défigurée.

J’ai aimé découvrir ce bout de Hollande situé à côté de The Bunkers. Rien de plus étonnant que de traverser la frontière sans même s’en apercevoir et de lire, tout étonné : bienvenue à « Retranchement », bienvenue aux Pays-Bas ! Se dire, voilà je suis en Hollande et sentir immédiatement comme une harmonie différente, une architecture qui diffère subtilement, un mode de vie distinct, des magasins, des fruits et des légumes en nombre, l’invasion des vélos. L’Ecluse ou Sluis en néerlandais, fut aussi une belle découverte.

Surprenant de voir sur le bas-côté des routes, devant les fermes des étalages avec vente libre d’œufs, d’oignons, fruits, légumes. Cela dégage une atmosphère de confiance, de paix. Ici chacun peut se servir. Les prix sont affichés devant chaque étal, il suffit simplement de déposer l’argent dans une boîte prévue, une urne. Je n’en croyais pas mes yeux. Je pensais qu’il n’était plus possible à notre époque de commercer de cette façon. En France, c’est une évidence, ça n’est plus possible. Ce pays me rend espoir.

En me promenant le long des berges du canal à Sluis, j’ai pu croiser un troupeau de Highland, cette race bovine écossaise au profil capillaire immédiatement reconnaissable. Jugez donc. Cette race rustique peut pâturer des zones humides ou marécageuses mieux que toute autre race. Elle est utilisée pour entretenir ce type de paysages. 

Le mot de la fin s’adresse à Margaux que je remercie une nouvelle fois pour sa confiance et son accueil. Merci de m’avoir permis de découvrir un lieu, The Bunkers, dont l’architecture à la beauté brute restera une très belle découverte. Un lieu unique pour une expérience unique. Le souvenir de mes longueurs matinales dans la piscine, les images de la nature environnante à l’heure du petit-déjeuner, la lumière de cette Flandre-Occidentale, tout cela n’a pas fini de m’accompagner encore longtemps.

Crédit photos : David Deslux – https://www.instagram.com/david_deslux/

Crédit photos : Lionel Desruelles – https://www.instagram.com/lionel_desruelles/

The Bunkers – Burkeldijk 18, 8300 Knokke-Heist, Belgique – +32 476 70 72 73 – http://www.thebunkers.be

Govaert – Vanhoute Architects – https://www.govaert-vanhoutte.be

Anversa.be – Cabinet d’architectes – https://www.anversa.be

Leon Van Haesebrouck Landschapsarchitect – https://www.vanhaesebrouck.eu

Boulangerie De Baere – Avenue Heydenberg 20, 1200 Woluwe-Saint-Lambert, Belgique – +32 2 770 62 16 – www.debaerepatisserie.be

Alain Milliat – Jus de Dégustation – https://www.alain-milliat.com/fr/

Zwin Nature Park – Graaf Léon Lippensdreef 8, 8300 Knokke-Heist, Belgique – +32 50 60 70 86 – www.zwin.be

Belgium.be – https://www.belgium.be/nl

Visit Flanders – https://www.visitflanders.com/fr/

Vlaanderen.be – https://www.vlaanderen.be

Myknokke-heist.be – https://www.myknokke-heist.be

Visitdamme.be – https://www.visitdamme.be

Damme-online.com – http://www.damme-online.com/fr.htm

Holland.com – https://www.holland.com/fr/tourisme.htm

vvvzeeland.nl – https://www.vvvzeeland.nl/nl/

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