Castel de La Terrasse – Etretat

Qu’il est bon de prendre le train et de pouvoir s’éloigner de Paris quelques jours. De si bon matin, je m’apprête à rejoindre Etretat, commune située dans le département de la Seine-Maritime, sur la Côte Normande. Etretat c’est pour moi une histoire de cœur.

Ce lundi sera une date que je n’oublierai pas puisque c’est en effet ma toute première collaboration avec une Maison d’hôtes. Aujourd’hui je suis attendu au Castel de la Terrasse. Jamais je n’aurais imaginé pouvoir partager cette passion de Blogger rédactionnel auprès d’une maison accueillant en nombre restreint quelques visiteurs de passage. Jamais je n’aurais cru pouvoir intéresser une Maîtresse de Maison, ravie de m’offrir l’hospitalité deux jours durant.

Jadis modeste village de pêcheurs, Etretat devient au XIXe siècle une station balnéaire de renom. Ce modeste bourg se trouve au nord du Havre, grande cité portuaire, sur le littoral de la Manche, plus précisément le long de la côte d’Albâtre, elle même faisant partie du Pays de Caux. Je me souviens de ces célèbres falaises monumentales de craie blanche et de ces plages de galets de silex polis à la perfection par le ressac de la Mer.

Après tant d’années d’absence, d’éloignement, je suis ravi de pouvoir retrouver Etretat. Mais cette fois, c’est une toute nouvelle expérience qui m’attend. Jamais encore je n’ai eu l’occasion de dormailler sur cette plage afin de pouvoir guetter les légendaires couchers de soleil sur ces non moins glorieuses falaises, ni de pouvoir dès l’aube m’imprégner de la symbiose ambiante comme si je vivais ici.

Depuis l’arrêt de bus qui m’a emmené entre Breauté – Beuzeville et Etretat, muni de mon GPS de circonstance, je parcours les ruelles encore endormies du village, baignées en cette saison par un doux soleil aux reflets mordorés. Depuis les jardins secrets, les rosiers grimpants s’en donnent à cœur joie et exhalent leurs plus doux parfums. Sur les murets, les chats terminent leurs siestes. Les panneaux indiquent la direction de la plage et me rappellent que je suis bien dans une station balnéaire. La Mer m’appelle.

Me voici donc au pied des grilles du Castel de la Terrasse, longeant le muret qui délimite la propriété. Un superbe blason indique le lieu. Je n’ai qu’une envie c’est de pousser la grille pour mieux découvrir ce qui se cache à l’abri des regards, dissimulé derrière le feuillage des chênes centenaires. Là, en plein centre du village, au pied des falaises d’Etretat, en retrait du front de Mer, se dresse, élégante et noble, la bâtisse imposante dans laquelle je vais séjourner au cours des prochains jours.

Je n’avais pas manqué de prévenir de mon arrivée matinale afin de passer déposer mes bagages et profiter de la journée qui, contre toute attente, s’annonce ensoleillée. Je vais donc enfin rencontrer Estelle et Olivier les heureux propriétaires des lieux. Une fois le gué du parc franchi, la splendeur du lieu se révèle et se dévoile. C’est tout ce que j’aime. Tout en silex et brique dans le plus pur style Cauchois, la villa balnéaire de la Belle Époque construite en 1840 trône en plein milieu d’un parc aux proportions solennelles. Elle s’élève sur trois niveaux, offrant jusqu’à cinq fenêtres de longueur avec des volets blancs. Le silence accort ajoute au ressentiment de beauté qui se dégage. À peine le chant des oiseaux vient-il se mêler à la discrétion du lieu, mélangé au froissement des graviers sous mes pas.

Un large escalier central bordé de vases Médicis permet d’accéder à La terrasse surélevée. Sa ligne de foulée est des plus impressionnante. Estelle patiente et m’accueille d’un sourire luisant, déjà habitée d’une bienveillance que je devine toute naturelle. Nous sommes tous les deux, je le ressens, ravis de nous rencontrer enfin et de pouvoir échanger sur des sujets qui nous rapprochent, des goûts communs pour la déco, la nature, Etretat et tant d’autres belles choses. En échangeant sur le perron de la maison, je réalise que nous sommes réellement sur une colline et que le Castel de la Terrasse offre l’un des plus beaux panoramas sur la ville et au- delà sur ce bleu de Mer si prodigieux. Sublime. La terrasse très spacieuse enserre entièrement la demeure, tel un corridor agrémenté d’authentiques salons de jardin en fer forgé avec à chaque angle des vases Médicis ornés de buis.

Curieux, je m’empresse de questionner Estelle sur le passé du Castel de la Terrasse, ressentant de manière vibrante la charge historique des lieux. Elle me raconte qu’au cours du riche passé du domaine, l’un des propriétaires les plus célèbres fut Victor-Antoine Desfossés. Né à Bruxelles, agent de change à Paris, banquier, investisseur, collectionneur d’art et patron de presse français, Victor-Antoine Desfossés aura marqué son temps d’une empreinte toute généreuse qu’une légion d’Honneur remise en 1888 viendra couronner. Il fut en effet l’un des plus fidèles clients de la Galerie des frères Théo et Vincent Van Gogh à Paris, mais aussi amateur de Monet, Manet, Corot, Delacroix et mécène de Gustave Courbet. Il publia Emile Zola dans son Journal Littéraire Gil Blas, de même qu’il embaucha en tant que chroniqueur Maurice Leblanc, auteur des Arsène-Lupin rencontré à Etretat.

Estelle doit prendre congé afin de terminer de préparer les chambres pour les hôtes du jour. Ensemble, nous pénétrons dans la maison en passant sous cette charmante véranda ancienne tout de bois blanc, modèle de Datcha russe dont elle s’inspire et qui fut à la mode en France à la fin du XIXe siècle.

Le hall d’entrée est magnifique tout en carreaux de ciment noir & blanc d’époque, dans une touche damier, avec une superbe hauteur sous plafond. Je ne peux me retenir de prendre une photo, déjà charmé par cette association galante des couleurs revêtant murs et portes. Estelle me remet une carte des falaises d’Etretat et me souffle quelques conseils pour des randonnées, des balades et les chemins GR à suivre qu’elle affectionne particulièrement. Sa connaissance très complète, sa passion pour la région sont appréciables, aussi bien sur les circuits touristiques classiques que ceux plus secrets qu’elle me dévoile. Le Castel de la Terrasse jouit d’une position géographique idéale.

j’ai du mal à devoir quitter ce Castel pour partir en balade. Mais je sais que je reviendrai plus tard prendre possession de ma Chambre. Je capture la beauté de la vue panoramique depuis la terrasse afin de les partager avec vous et puis je m’éclipse, direction les hautes falaises à deux cents mètres d’ici.

Au même titre que la baie du Mont-Saint-Michel, les majestueuses falaises d’Etretat avec à leurs pieds les eaux couleur émeraude de la Manche constituent l’un des plus beaux fleurons du patrimoine naturel de Normandie. Je décide d’abord de me rendre sur la falaise d’Amont qui fait face à l’autre falaise célèbre, la falaise d’Aval qui telle un roc à l’aplomb, plonge dans l’eau son aiguille imitant la trompe d’un éléphant à laquelle elle fait penser. Ce matin l’écume des vagues battantes est de toute splendeur accentuée par le bleu profond du ciel. Ma promenade du côté de La falaise d’Amont et sa porte, coiffée de La Chapelle Notre-Dame-de-la-Garde s’annonce plaisante. Ça me fait un bien fou de revenir ici.

J’ai beau être déjà venu à Etretat, à chaque nouvelle visite, le spectacle offert par la nature est différent, vivant, enivrant. La magie d’Etretat, ce sont le ciel, la lumière, la forme de ses rivages redessinés au fil des ans, la multitude de ses couleurs grimées au fil des saisons. Si vous poussiez la balade jusqu’au sommet de la falaise d’Amont, attardez-vous pour aller découvrir, en retrait de l’itinéraire officiel, la flèche démesurée se dressant vers le ciel en mémoire de Charles Nungesser & François Coli : il s’agit du monument commémorant la tentative de traversée de l’Atlantique par les deux pilotes, pionniers de l’aviation, partis depuis Paris-Le Bourget et aperçus pour la dernière fois depuis la France au dessus d’Etretat le 8 Mai 1927 à bord de leur Levasseur PL8 baptisé « L’Oiseau Blanc ». La flèche, d’une hauteur de 24 mètres, inclinée à 60° a été édifiée en 1963.

Aujourd’hui en découvrant cette histoire, ce monument résonne plus ardemment d’un écho particulier et j’entrevois le lien avec le fameux restaurant étoilé éponyme « L’Oiseau Blanc » de l’hôtel Peninsula Paris dans lequel j’ai eu l’occasion et la chance de dîner. Une histoire aux relents sentimentaux. Difficile d’obtenir des photos intéressantes du monument tellement la marque au sol des dimensions réelles de l’avion est imposante. Cet endroit, son histoire me parlent beaucoup.

Tout le long de ce sentier que j’emprunte, le paysage est de toute beauté, depuis l’aiguille sur la Porte d’Aval, en passant par l’étendue de la Mer à mes pieds. Le temps est superbe. Une bouffée d’oxygène. Je décide de rejoindre en contrebas la plage en descendant par le sentier tout en lacets, aux marches naturelles à même la falaise. Tout est très bien aménagé pour le plaisir du randonneur.

Ce sentier mène au célèbre trou « Le Chaudron ». A cette heure, il est possible d’y accéder. Estelle, prévoyante, m’a communiqué les horaires des marées. C’est donc en toute sécurité que je peux le découvrir. Une première pour moi. C’est, je trouve, une sensation étrange de traverser une grotte ou un tunnel naturels corroyés par la nature de ses mains méticuleuses et longanimes. Quel jeu excitant d’apercevoir tout au bout de cette niche naturelle ce halo de lumière qui grandit et s’élargit à mesure que l’on se rapproche de l’autre extrémité. Ce « Chaudron » est incroyable. On y peut, dans sa partie centrale, se tenir debout. Parvenu à sa terminaison, une échelle permet d’accéder à la plage.

De là, c’est une toute autre découverte des falaises vues d’en bas. C’est encore plus spectaculaire et l’effet de rapport de taille me subjugue : je me sens tout ridicule au milieu de ces géantes de craie blanche. La résonance de mes pas sur le galet, le ciel bleu azur, le bercement des vagues, la musicalité de la Mer, tout participe à rendre cet instant mémorable. Dûs à l’érosion des falaises, des éboulements se produisent régulièrement. Il est donc vivement recommandé de ne pas les longer de trop près.

Pour rejoindre le village, je longe la plage constituée de galets qui rendent toute promenade assez difficile. Ces « cailloux » sont pourtant un rempart naturel nécessaire à la protection du littoral. La plage en elle-même se termine par une longue digue-promenade. Ce que j’aime sur cette plage, ce sont les « caloges » ou terme dialectal signifiant « cabane ». Ce sont d’anciens bateaux recouverts d’un toit de chaume reconvertis par les pêcheurs en abris et en locaux pour entreposer le matériel utile à leurs activités. Me voilà dans le village pour acheter une bouteille d’eau, une pomme et quelques amandes et oui la nature appelle la nature et cette promenade m’a quelque peu creusé l’estomac.

Me voici ragaillardi et disposé à arpenter l’autre falaise. Le sentier y menant longe en partie un terrain de golf sur son flanc gauche, la mer se trouvant sur son flanc droit. Le spectacle est magique. Plus on monte, plus l’espace naturel s’agrandit, le village apparaissant minuscule, la nature imposant ses dimensions. D’un côté le bleu de mer saisissant, de l’autre le vert saillant des champs. Je me laisse bercer par le murmure des vagues. En bon touriste, je ne rate pas l’occasion pour éterniser ces paysages : la Porte d’Aval, l’Aiguille, les flancs verts et ondulés des champs. C’est essentiellement l’érosion d’une rivière souterraine, couplée aux flux et reflux de la mer qui ont formé cette arche naturelle et cette aiguille haute de 55 mètres, reliquat d’une ancienne falaise.

Cette fin de mois de Mai est bienheureuse, drainant en nombre restreint ses visiteurs de passage. C’est idéal pour apprécier cette promenade. C’est l’occasion d’aller explorer le petit refuge naturel surnommé « Chambre des demoiselles ». Etretat est sujet de nombreuses légendes. Et celle liée à cette chambre est étonnante. Je vous laisse la découvrir lors de votre future visite.

D’où je suis, la vue surplombe l’Aiguille et la Manneporte. Grande Porte Principale ou Manne Porte en ancien français. Elle s’étend au-delà de la Porte d’Aval. L’espace est exaltant. Quel privilège de prendre le temps et de m’imprégner de toutes ces sensations, de savoir que ce soir je dormirai dans une magnifique demeure de la région que je pense déjà aller retrouver, en forme de récompense de cette fabuleuse après-midi de marche au grand air.

Je poursuis ma marche en revenant vers les terres après avoir suivi le sentier tout le long de la côte jusqu’à la plage de Jambourg, me dérobant par ce chemin de campagne traversant les champs de blé et se terminant par une portion à l’ombre des arbres. Il conduit directement jusqu’au Castel. Un tableau et des paysages différents de ceux jusqu’ici traversés et apparemment peu connus.

Il est 17h00. J’arrive à l’heure convenue pour retrouver Estelle et découvrir ma chambre. Une joie renouvelée m’éprend au moment de pénétrer à nouveau dans cette magnifique demeure. Nous devisons et je lui raconte ma fabuleuse promenade du jour. Je la remercie pour ses recommandations et lui confirme les richesses et les beautés de sa magnifique région.

Nous procédons ensemble à la visite des lieux. À droite du hall d’entrée, le salon bibliothèque au papier peint fleuri et coloré, tons vert d’eau. Lumineux et absolu. Les boiseries en embasement sont d’un bleu de même tonalité que les portes. C’est d’un grand raffinement. Un poêle centré entouré de bibliothèques décore le mur du fond. Un grand canapé Chesterfield tout en cuir bleu patiné fait face à une table basse et à deux fauteuils accueillants et larges d’un cuir marron-bordeaux et vert anglais. Des livres sur Etretat, sur sa région mais également des ouvrages d’art émaillent les étalages ici et là. L’harmonie de l’ensemble donne envie de s’installer et de paresser, de déguster un thé, de feuilleter un bon livre. Le plancher d’origine apporte une résonance de chaleur, telle une belle maison de Maître. Un grand tapis au sol renforce l’effet cosy de ce beau salon.

Face à ce salon, sur la gauche de la grande entrée, je découvre la salle aménagée pour accueillir les petits déjeuners servis entre 9h00 et 11h00. La pièce est immense et occupe la moitié de la surface du rez-de-chaussée. Sa luminosité provient des nombreuses ouvertures et fenêtres dont elle est affublée, toutes donnant sur la terrasse avec pour choix, vue sur les flancs Nord verdurés de la ville ou sur la Mer et ses reflets changeants. La cheminée imposante qui doit faire les joies des visiteurs en hiver, trône en saillie côté terrasse. Le plancher est identique à celui du salon. Pour s’attabler, deux grandes tables ovales avec tapis au sol, parfaites pour partager le premier repas du matin entre hôtes. Un très beau piano demi-queue apporte beaucoup de charme à la pièce, une belle ambiance. Deux consoles desserte-meuble de châsse ou Saint Hubert en noyer, très pratique pour le service prennent tout leur sens installées dans cette pièce.

Mon regard s’attarde sur plusieurs détails : comme cette chaise-haute pour enfant d’époque, jolie et utile ; mais aussi sur cette belle maquette d’un voilier posé devant l’une des fenêtres. Le mélange et le choix des objets habillant cette pièce sont vivants comme ce meuble à métier ancien à tiroirs, sur lequel sont déposés de beaux objets chinés, buste, tableaux. J’aime l’idée de ces bouquets de fleurs du jardin fraîchement coupés et posés sur les grandes tables nappées de blanc. Chaque détail apporte un petit supplément d’âme à un lieu qui en détient déjà. Cette salle à manger donne très envie de s’installer pour prendre un petit-déjeuner.

Estelle est une passionnée de décoration, et cela se voit aussi bien que cela s’entend. Tout a été arrangé par ses soins, pour choisir les couleurs, les teintes, les meubles, les peintures du Castel qu’elle a savamment rénové.

Chaque sujet composant ses passions, elle le transmet de façon pédagogique, agréable et intéressante. La visite se poursuit et nous prenons l’escalier se trouvant à l’arrière de la maison et que l’on aperçoit dès notre arrivée. J’ai une passion pour les escaliers. Pour moi, une maison sans escalier, ce n’est pas tout à fait une maison. J’aime un escalier qui grince sous l’effet de ceux qui l’arpentent, une marche qui vacille sous le poids d’un pied. J’aime la résonance toute particulière d’une maison avec escalier. J’aime l’espace qui se dégage par la présence d’un escalier dans une maison. J’aime la fraîcheur d’un escalier, l’écho des voix portées qui bruisse dans un escalier.

Le Castel de la Terrasse propose cinq chambres, chacune au nom différent et à la décoration singulière. Ma chambre s’appelle la « Bow Window« : un bow window c’est une fenêtre en baie ou fenêtre avancée en encorbellement d’un mur, également appelée « Bay Window« . C’est un espace en saillie, construit vers l’extérieur depuis les parois principales d’un bâtiment créant une pièce avec baie vitrée formant un plan rectangulaire ou trapézoïdal. Ma chambre est au premier étage. Un grand miroir reflète l’escalier depuis l’un des murs du palier d’où sont distribuées deux autres chambres en addition de la mienne. Je pousse la porte qui laisse entrevoir ce toujours beau plancher au sol. Un petit couloir mène mon regard qui trouve directement la fenêtre. Les tons sont bleu clair avec une note de gris identique à celui que le ciel d’Etretat arbore certains jours. À droite en entrant se trouve la salle de bain au très beau motif de sol en carreaux de ciment. La baignoire à pieds est la maîtresse des lieux. Beaucoup de goût. C’est l’impression qui se dégage d’emblée. De belles vasques posées sur des pieds chromés, miroir mural, douche, lucarne et toilettes séparées. C’est harmonieux.

Malgré la belle journée ensoleillée, il me tarde déjà de m’abandonner dans un bon bain chaud et de pouvoir profiter de l’atmosphère de cette belle pièce. La chambre dans son entièreté garde une belle unicité de couleur sur les murs, associée à une note jaune-orangé qui se retrouve sur deux petits fauteuils autour de la table basse. C’est l’endroit pour prendre un thé, dans ce recoin qui aménage idéalement le Bow Window. Cette même nuance de jaune-orangé se retrouve sur le plaid et les coussins du lit. Un petit guéridon et un joli vase en fleur ajoutent à l’effet de délicatesse. Et puis il y a cette vue. Parlons en de la vue : fantastique !! Vue sur le village, vue sur les toits d’ardoise, vue sur les jardins des demeures voisines, vue sur la Mer. Le rêve. J’en ai plein les yeux.

Je savoure ce moment suspendu, un thé à la main, caressant du regard cette vue imprenable d’Etretat, bien lové dans ce Bow Window. Estelle me propose de réserver un restaurant pour dîner ce soir. Elle a ses bonnes adresses. Elle est vraiment aux petits soins pour ses hôtes. Je lui avoue me sentir tellement bien dans sa maison que je n’envisage pas de sortir. Surtout après le grand bol d’air pris la moitié de la journée durant. Demain peut-être. Je ne peux tout de même pas repartir de Normandie sans avoir dégusté de bonnes huitres de la région.

Prévoyant, je fais couler l’eau du bain avant de prendre mon dîner en chambre. J’ai déjà tout prévu. Si vous le souhaitez, la Maison Castel de la Terrasse propose ses planches. Vous aurez le choix entre les planches apéritif pour 2 personnes : – planche de la Mer – 18 euro (rillettes de poisson faites maison – langoustine – crevettes) – planche de la Terre – 18 euro (fromages normands – terrine faite maison aux pommes & calva – saucisson au camembert) Vous pourrez également opter pour la planche Déjeunatoire / Dînatoire pour 2 personnes à 48 euros ou le homard (selon la pêche) à réserver la veille pour 35 euros le kilo. Enfin une carte de vins est disponible sur demande.

Avant de profiter pleinement des bienfaits de ma chambre, le bain, la vue, le confort, le calme, la luminosité, je décide de descendre faire une séance photos dans le salon du rez-de-chaussée et ce avant que les hôtes ne soient de retour. C’est souvent lors de ces séances que je découvre de nouvelles perspectives et de nouveaux angles pour mes clichés. Je prends le temps et j’autorise mon regard à vagabonder plus lascivement.

Allez, maintenant chut ! Silence on tourne.

C’est l’heure du bain. Je dépose tout mon nécessaire pour ce rituel implacable sur le pont de baignoire tellement pratique en cette circonstance. Un accessoire que j’apprécie divinement. Puis j’enchaîne avec un dîner méticuleusement organisé par mes soins, assis côté Bow Window, fenêtres grandes ouvertes, avec la nature pour seul et unique spectacle. La vision de cette nature, de ce ciel rougeoyant en cette heure avancée me remplit d’une joie novice et m’enveloppe d’une quiétude toute sereine. La nuit s’annonce merveilleuse. Je ne vais plus tarder à tirer les grands rideaux prévus pour se calfeutrer. Bonne nuit.

Huit heures ! Je m’étire tel un chat sortant de son sommeil. Les rideaux écartés, je découvre la nouveauté de la lumière laiteuse de Normandie au petit jour. Comme c’est beau. La chambre est tellement bien exposée pour ce spectacle si complaisant. Cette nouveauté éveille ma curiosité.

Comme souvent, je descends le premier au petit déjeuner. Vous connaissez mes manies originales : j’aime être seul pour prendre le temps de prendre des photos, appréhender un lieu afin de m’en imprégner. Mais surtout, je ne souhaite déranger personne avec mes fantaisies. Estelle est déjà présente, portant les dernières touches de préparation à la mise en place de la salle.

Le résultat est élégant et convivial, tout à son image. De belles pivoines du jardin égayent les tablées, cohabitant avec un service de table en blanc et bleu, ce même bleu rappelant la teinte dominante de la Maison du Castel. Le buffet est réparti sur deux principaux meubles dessertes, chacun accueillant sa thématique : variété de pains, viennoiseries, grille pain, céréales, noix, jus de pommes du Pays de Caux 100% naturel de la société Emmanuel Pasquier. Sur l’autre présentoir : laitages, yaourts frais et bio de la région, sélection de fromages, salade de fruits maison, confitures mijotées par la maîtresse de maison, du miel de tilleul, le beurre bien présenté et découpé ainsi que de délicieuses madeleines également faites maison. Je crois que tout s’annonce bien, n’est ce pas ? Le linge de table ancien, avec serviettes aux initiales brodées main, accède au raffinement. Les hôtes arrivent les uns après les autres. Aujourd’hui Estelle assure seule le service et malgré la besogne, elle ne se laisse pas déborder et assure une continuité agrémenté d’attentions personnelles pour chaque convive. Les poules du jardin fournissent les oeufs frais pour une cuisson à notre convenance, à la coque, brouillés ou omelette aux légumes variés. Pour moi ce matin, ce sera des oeufs au plat. Pour ceux qui privilégient les repas conviviaux, la disposition des tables permet d’échanger avec les hôtes, comme en famille.

Je pourrais m’éterniser des heures durant dans cette belle salle. Mon petit déjeuner terminé (je suis arrivé le premier et je suis reparti le dernier), Estelle me propose de visiter d’autres chambres du Castel. Je saisis l’opportunité pour pouvoir y faire quelques photos. C’est toujours un plaisir en complétude que de pouvoir connaître un lieu dans son intégralité ou d’après d’autres points de vue, de découvrir en l’espèce, l’univers de cette Maison d’hôtes.

Aujourd’hui je retourne voir la côte et les falaises. Comment ne pas profiter de l’emplacement du Castel pour accéder à ces richesses naturelles. Je vais continuer d’enrichir ma culture et contenter ma curiosité en plongeant une nouvelle fois dans ces paysages millénaristes. Je pense que je reprendrai la direction de la falaise d’Aval, poussant jusqu’à la Pointe de la Courtine, puis la fameuse plage du tilleul (l’Antifer) en partant de ce chemin derrière le Castel de la Terrasse.

La plage d’Antifer se situe tout à l’ouest d’Etretat, à cheval sur les communes du Tilleul et de la Poterie-Cap-d’Antifer, entre la Pointe de la Courtine et celle du Fourquet. C’est l’une des plus belles plages de Haute-Normandie. En descendant par la Valleuse, je découvre la plage et le fameux « Trou de serrure » permettant de passer au travers de la Pointe de la Courtine, une sorte de grotte naturellement creusée par la nature. Depuis l’autre sortie, j’aperçois les Portes d’Etretat, dans un panorama à couper le souffle. En contrebas une seconde plage se révèle où je peux admirer une source tuffeuse: « les Pisseuses ». Puis je remonte sur les hauteurs de la falaise poursuivant cette randonnée à travers champs, rencontrant des paysages tellement variés, avec pour seule compagnie des vaches normandes et pour seul horizon cette Mer unique.

Ce soir dégustation d’huîtres. Grâce à Estelle, j’ai pu dégoter une table pour 19h30 au restaurant « La Marie Antoinette ». Après une longue et riche randonnée, c’est le dîner parfait. « La Marie Antoinette » n’est rien d’autre qu’un restaurant de fruits de mer, situé au coeur du village, face à sa propre poissonnerie « Les Périssoires ». Très accommodant pour choisir en direct ses produits à déguster. J’ai débuté mon repas par un plateau d’huîtres n°1. Énormes ! Et quel régal ! Puis une assiette de grosses crevettes sauvages. Un délice ! Une adresse à garder. Merci Estelle.

Etretat et Marie-Antoinette, c’est une longue et très ancienne histoire. La Reine faisait, dit-on, chaque matin, en saison, livrer à dos d’âne ou de cheval jusqu’à Versailles ses huîtres préférées provenant de Cancale mais séjournant plusieurs mois dans des bassins spécialement créés pour sa satisfaction, dans lesquels elles séjournaient afin d’y acquérir une saveur plus délicate par alternance de l’eau douce de la rivière souterraine et de l’eau de la Mer salée.

Encore un coucher de soleil de toute beauté. Il m’attend dès la sortie du restaurant. Il est bon de se laisser vivre ici en faisant un petit tour par la plage. Puis retour au Castel pour une seconde nuit aux anges.

Jamais je ne me lasse des belles choses. Comme l’écrivait Marcel Proust, voisin d’Etretat : « La beauté est une promesse de bonheur ». En esthète conquis, le bonheur guette à ma porte. Quel plaisir de me lever ce matin-là pour descendre au petit déjeuner et faire la connaissance de Bernadette, aide de camp d’Estelle. Bernadette vit au Havre et me confie être très heureuse d’exercer au Castel, une maison d’hôtes à taille humaine. Bernadette est si positive, si souriante et si attentionnée. Sa compagnie ce matin est très appréciable. Au Castel, à chaque jour, petit déjeuner diffèrent. Il faut bien s’adapter aux jours d’ouverture et de fermeture des commerçant locaux qui fournissent la maison mais également aux récoltes, aux moissons, aux cueillettes, aux levées au gré des saisons. Ce matin d’autres pains, d’autres fromages, d’autres yaourts agrémentent le buffet. Les madeleines maison sont toujours là et c’est tant mieux. Bernadette m’a préparé des oeufs coques. Bravo et merci. Ils sont très bien réussis, comme j’aime, c’est à dire pas trop cuits.

Tout de suite après mon petit déjeuner, je m’en vais flâner dans le village d’Etretat. J’ai très envie de voir enfin l’église pour la première fois. Lors de mes visites précédentes, je l’avoue, je ne la voyais jamais. Je la cherchais dans le quartier proche de la plage mais elle est située à l’écart du centre du bourg. La construction de Notre-Dame d’Etretat remonte aux XIIe et XIIIe siècles. L’édifice est en plan traditionnel en croix latine. Sa façade ainsi que les six premières travées de la nef sont de style Roman. Le reste de l’église a été achevé plus tard, en style Gothique. L’église est entourée d’un cimetière où des soldats du Commonwealth, morts sur les champs de bataille de la Première Guerre Mondiale, sont enterrés.

Un autre bâtiment connu et que j’apprécie particulièrement en plein coeur du village, ce sont les Halles d’Etretat. Elles sont une reconstitution des halles traditionnelles en bois, exécutées en partie avec des matériaux anciens. Vous trouverez dans cette halle une multitude d’échoppes dédiées aux souvenirs et objets divers. J’y ai trouvé de jolies cartes postales de reproduction d’affiches anciennes. Dans la rue principale, j’ai été attiré par une maison admirée des touristes près de la halle : Le Manoir de la Salamandre qui fait partie des édifices les plus anciens d’Etretat, mais il s’agit d’un remontage. Cette demeure, caractéristique d’une habitation citadine du Pays d’Auge, se trouvait à Lisieux. Elle fut démontée de son emplacement d’origine en 1889 pour être rebâtie ici, mais en modifiant quelques éléments.

J’ai également déniché un petit café « Le Week-End » et une boutique qui auront retenu mon attention et ce, tout près du Castel de la Terrasse. Les comptoirs d’Etretat – Magasin Général est un concept store proposant à la vente de beaux produits. Ça me réconforte toujours de trouver une jolie boutique façonnée avec goût. Sur sa vitrine, une citation de l’auteur romain Plaute annonce le ton : « En suivant le fleuve, on parvient à la Mer ». A croire qu’en suivant le bon goût, ce magasin à découvrir parvient à l’inattendu. Né d’une volonté commune pour l’amour du beau et du bien fait, c’est une boutique art de vivre qui réunit un espace de vente dédié aux arts de la table, aux objets de maison, aux curiosités, à l’olfactif, à la papeterie. Si vous passiez par l’Avenue George V à Etretat (déjà une adresse toute destinée), laissez-vous tenter. D’ailleurs moi, je me suis laissé tenter, j’y ai trouvé une multitude de choses, je me suis fait plaisir.

Et puis une dernière fois, j’ai traîné dans les ruelles du village, j’ai observé, j’ai flâné, j’ai photographié, j’ai respiré l’air de ce petit coin de Normandie.

Malgré cet air joyeux qui me porte, ce matin c’est le départ. Il va bientôt falloir quitter le Castel de la Terrasse. Un bien bel endroit, une superbe Maison d’Hôtes, impeccablement tenue par Estelle. En début d’article, j’écrivais que je n’oublierais pas cette première collaboration qui est une première. En fin d’article, je sais pouvoir dire que je n’oublierai pas Estelle et son Castel. Tout fut tout simplement parfait. Avant mon départ, de manière drôle et touchante, Estelle me demande quelques conseils pour la manipulation et la gestion d’Instagram. Autour d’un dernier thé d’au revoir, nous partageons fou rires et confidences. Au revoir le Castel de la Terrasse. Merci Estelle et bravo pour tout ce que vous avez accompli. Vous avez su créer le plus délicat dans ce superbe endroit : une âme.

Ci-dessous les liens des principales adresses et autres Maisons citées dans cet article

Castel de la Terrasse – Maison d’Hôtes à Etretat – 1 rue Jean Baptiste Cochin – Etretat, Seine-Maritime 76790 France – Tel: 06.85.21.40.84 – Email: contact@casteldelaterrasse.com http://castel de la terrasse

Office de tourisme d’Étretat – Etretat – Le Havre Etretat Normandie Tourisme – 186 boulevard Clémenceau – 76059 Le Havre Cedex – Tel: +33(0)2 35 27 05 21 Email:  info@lehavre-etretat-tourisme.com http://etretat.net/office-de-tourisme-etretat/

Normandie – Tourisme – http://www.normandie-tourisme.fr/decouvrir/les-incontournables/les-grands-incontournables/

Seine-Maritime – La Normandie Impressionnante – https://www.seine-maritime-tourisme.com/fr/je-decouvre/10-lieux-incontournables/

Restaurant – La Marie Antoinette – 12 rue Alphonse Karr – 76790 Etretat – https://www.marieantoinette-etretat.fr/informations-contact/

Les Comptoirs d’Etrtat – Magasin Général – 23 Avenue George V – 76790 Étretat – Tel: 02 27 43 61 85 – https://les-comptoirs-detretat.business.site

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